Illustration du déplacement des allocations institutionnelles vers les obligations de maturité longue

À fin 2025, les placements des assureurs et fonds de pension français atteignaient 3 109 milliards d’euros. Dans un contexte de baisse des taux courts et de hausse des taux longs, ces acteurs ont dirigé 50,4 milliards d’euros de flux nets vers les titres de dette et 42 milliards vers les OPC non monétaires.

À retenir

  • Les obligations représentent encore 55,7 % des placements après mise en transparence des OPC.
  • Les titres de dette ont reçu 50,4 milliards d’euros de flux nets en 2025, contre une sortie de 3 milliards sur les OPC monétaires.
  • Les OPC non monétaires ont collecté 42 milliards d’euros, dont 19 milliards pour les fonds mixtes et 9,8 milliards pour les fonds obligataires.
  • L’allongement de la duration améliore le rendement embarqué, mais accroît la sensibilité aux mouvements de taux et le risque de valorisation.

Un marché institutionnel de 3 109 milliards d’euros

La Banque de France estime à 3 109 milliards d’euros la valeur de marché des placements des assureurs et fonds de pension français à fin 2025, contre 2 950 milliards un an auparavant. La progression de 5,4 % repose sur 91 milliards d’euros d’acquisitions nettes et 44 milliards d’effets de valorisation.

Les assureurs vie détiennent 76 % de cet encours, les assureurs non-vie 17 % et les fonds de pension 7 %. Cette structure explique l’importance de la gestion actif-passif, de la liquidité et de la visibilité des revenus obligataires.

La pente de la courbe a redonné de l’attrait au long terme

Entre fin 2024 et fin 2025, le rendement de l’OAT française à dix ans a augmenté de 35 points de base pour atteindre 3,56 %, tandis que le Bund allemand à dix ans progressait de 45 points de base à 2,81 %. Dans le même temps, l’écart entre l’OAT française à dix ans et à deux ans s’est élargi de 91 à 127 points de base.

Cette pentification a rendu la partie longue de la courbe plus rémunératrice au moment où les taux courts diminuaient. Les investisseurs institutionnels ont pu renouveler progressivement leurs portefeuilles avec des coupons plus élevés et mieux alignés sur la durée de leurs engagements.

Dette directe et OPC non monétaires captent les flux

Les titres de dette ont attiré 50,4 milliards d’euros de flux nets. Les obligations des administrations publiques en ont reçu 23 milliards et celles du secteur financier 20 milliards. Les titres de dette des sociétés non financières ont, à l’inverse, enregistré 1,7 milliard d’euros de cessions nettes.

Les OPC non monétaires ont collecté 42 milliards d’euros, contre 15 milliards en 2024. Les fonds mixtes ont concentré 19 milliards, les fonds obligataires 9,8 milliards et les fonds actions 9,6 milliards. Les OPC monétaires ont enregistré 3 milliards d’euros de sorties nettes.

Le portage progresse, mais le risque de taux demeure

La part des obligations offrant un rendement compris entre 3 % et 5 % est passée de 30 % à 36 % du portefeuille entre 2024 et 2025. Le rendement moyen des obligations à taux fixe s’est légèrement amélioré, de 2,30 % à 2,39 %.

Ce meilleur portage n’efface pas le risque de valorisation. Une hausse supplémentaire des taux longs fait baisser le prix des obligations existantes, avec un effet plus marqué lorsque leur duration est élevée. La qualité de crédit, la liquidité et l’adéquation entre actifs et engagements restent donc centrales.

Ce que cela implique pour l’analyse des fonds obligataires

Pour comparer des fonds obligataires, le rendement courant ne suffit pas. Il faut examiner la duration, la sensibilité, la qualité moyenne des émetteurs, la répartition souverain-crédit, les spreads, la liquidité et le drawdown observé lors des chocs de taux.

Le mouvement institutionnel documenté par la Banque de France décrit un arbitrage de portefeuille à grande échelle. Il ne constitue pas une indication individuelle d’allocation et ne permet pas, à lui seul, de conclure sur l’intérêt d’un fonds particulier.

Pour aller plus loin

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